mardi 5 décembre 2017

Chaussure à son pied :-)

"C'est un peu limite, tes chaussures !"
"Limite ?" Dubitative, elle regarde ses jolis escarpins à bride, avec leur talon de 10 cm tout de même.....Un moment déjà qu'elle est nue à ses pieds, juste vêtue de sa candeur et de son porte-jarretelles noir orné de bas fantaisie avec les fameuses chaussures aux pieds.
"Limite basse, tu veux dire ?"
"Oui"
Debout devant lui, faussement contrite, elle baisse les yeux, le nez dans son t-shirt et murmure : "Pardon, Monsieur, je mettrai de plus hauts talons la prochaine fois...."
Il la regarde, avec un sourire amusé..."La prochaine fois... ?"
Elle comprend le message et toujours friponne, choisit sa plus haute paire : 16 cm, qui la met à la même hauteur que lui, et même un peu plus....Sensation étrange et inhabituelle....Mais plaisir de lui offrir cette image-là, quand il la fouettera un peu plus tard, bras levés et attachés au-dessus de la tête, proie consentante et envolée si haut, si loin.....

dimanche 3 décembre 2017

Merci !



Plus de 10000 pages lues en deux ans.... Merci à mes lecteurs de donner vie à ce blog dans lequel je n'écris plus que rarement, non que je n'ai plus rien à dire, mais parce que je n'écris quasiment plus que pour un seul, lui rendant compte des moments intenses que je vis grâce à lui.

jeudi 12 octobre 2017

Petite madeleine.....

Une photo au hasard du Net,  qui réveille des souvenirs pas si anciens....Je sens l'odeur et le contact du  cuir.... Je frissonne, retrouvant cette appréhension joyeuse qui me saisit dès qu'il ferme les bracelets de cuir sur mes poignets, prémices à une séance de fouet dont je sais d'avance qu'elle va m'emporter sur des hauteurs vertigineuses où n'existeront plus que les claquements du cuir sur mon corps, cette musique qui me fait danser, perdue dans une bulle où nous sommes seuls, celui qui tient le manche et moi.... Bras levés au-dessus de la tête, si  fragile et pourtant souveraine, offerte et fière d'être digne du plaisir que je sais lui donner. et si heureuse de celui qu'il me donne....Je languis de la brûlure qui rayonne sur  ma peau, de la douleur qui se propage en cercles concentriques, comme un caillou qui ricoche sur l'eau....

lundi 31 juillet 2017

Un week-end au Luxembourg et en Belgique (1) :Zen Ropes project

Dimanche 09 juillet 2017

     De ce week-end étrange et intense passé au Luxembourg, je retiendrai d'abord le projet final de notre hôte, maskandmirror. Ses explications nous laissent d'abord tous perplexes : il s'agit pour les attacheurs et attacheuse d'encorder leurs attachées, et de les relier entre elles, avant d'être eux-mêmes attachés par Mask afin de créer une synergie entre tous, à travers une "toile" de cordes, avec l'idée de nous relier également au passé ouvrier du lieu, une ancienne gare minière.  
      Une fois que nous avons compris l'idée générale, chacun(e) attache son modèle sur les restes des machines anciennes exposées là. Mon attacheur se débrouille tout de même pour me faire "souffrir" discrètement, les "zen ropes" ne l'inspirant que très modérément....Les rires et les plaisanteries fusent rapidement, et après deux jours plutôt mitigés en termes d'humeur, tout le monde semble se détendre. Très vite, chacun(e) s'amuse à bouger dans ses cordes et à repérer avec qui s'établit un contact.... Puis nous modulons plusieurs "aum" sonores et vibrants. Je ressens le flot d'énergie positive qui circule entre nous, une  impression magique qui me plonge toujours dans une douce euphorie, et me "porte", comme si un courant lumineux parcourait le réseau de cordes, de l'un à l'autre et de l'autre à l'un, la boucle bouclée....
          Et les regards et les sourires que nous échangeons tous sont un autre moyen de créer le lien. Esthétiquement, la structure souffre sans doute de la défection de 3 invités qui n'ont finalement pu venir....Mais pour ce qui est de la connexion entre nous 6, le projet fonctionne admirablement et j'ai envie de rire et de chanter, heureuse de ce rapprochement inédit entre nous tous....

Pour des explications plus précises, n'hésitez pas à consulter la page facebook de "La Corde sensible", animée par deux des participants au week-end, une belle rencontre de plus.
Merci Mask pour ce joli moment de partage que j'ai beaucoup apprécié....

mercredi 19 juillet 2017

Deux ans après....

     Deux ans seulement, deux ans déjà....
     Facebook me rappelle ce matin que Colombe est née il y a deux ans dans le bruit et la fureur, le chagrin et la douleur....
    Certes, je vais mieux, parce que j'ai des amis merveilleux qui m'ont constamment entourée depuis deux ans.
    Mais je vois bien que rien n'est encore résolu, et que rien ne le sera tant que je célèbrerai ce funeste anniversaire.....
Je continue à prendre des voies sans issue, et je m'envole dès qu'on veut s'approcher trop près. Y'aura-t-il quelqu'un un jour pour apprvivoiser la Colombe ensauvagée ?

lundi 26 juin 2017

Toujours plus loin, plus fort et plus haut...



     Encore une fois, la température est montée toute la semaine précédente...Je pressens qu'il ne va pas épargner son jouet, et qu'il va encore me pousser un peu plus loin au-delà des limites que je croyais être les miennes...

     L'après-midi débute avec une première séance de cordes, au sol.  Son regard impérieux m'appelle tout près de lui ; je m'avance, le regard planté dans le sien, , avant de baisser les yeux.  Mes bras sont rapidement
retenus en arrière par un strappado bien serré....Il a tressé mes cheveux d'une corde, qui descend à ma cheville, rendant la position de ma tête intenable, ce que je lui dis dans un souffle....Il joue un solo de batterie à la badine sur mes rondeurs exposées, j'aime bien cette sensation nouvelle, et si je me tortille assez rapidement sur le sol, ce n'est pas de douleur :-).  Je sais quelle peine peut infliger l'instrument et  je comprends bien qu'il en use avec mesure....Il m'allonge sur le côté, et pose son pied sur ma tête, puis me tend ses orteils, que je lèche, baise et suce avec autant d''application que de délectation. Puis il me relève et me guide vers le canapé, où il s'asseoit, me faisant descendre à genoux entre les siens, les bras toujours attachés dans le dos.... Je pose la tête un instant sur sa cuisse, goûtant la douceur d'être à ses pieds, juste à ma place, tant cela me semble naturel...Comme il me semble naturel aussi de faire remonter sa chemise du nez et des lèvres, puis de le laisser lire dans mes yeux  l'envie qui m'anime....Je savoure ce sentiment si puissant d'être là pour son plaisir, de n'avoir d'autre choix et d'en être heureuse. Il force parfois son sexe dans ma bouche, me faisant rejeter la tête en arrière, suffoquée, à deux doigts de la nausée, effrayée à l'idée de ne pouvoir la contenir...
     Un peu plus tard :
-  Tu es d'accord pour un orgasme forcé sur le siège de contrainte ?
- Euh, un, pas une douzaine ?
-  Ah moi je n'ai rien dit !
-  Ah mais si, tu as dit : UN !
    Je sais bien qu'il n'en fera qu'à sa tête, mais la petite friponne aime négocier juste pour le plaisir...
     Il m'attache sur l'objet pré-cité, avec un impressionnant nombre de sangles (à vrai dire, il vaut mieux en effet que je ne puisse pas trop gigoter) puis il pose un bandeau de cuir, déjà contraignant, sur mes yeux,  et  un baillon boule dans ma bouche. Je préfère cent fois cela à la cagoule, mais il y a tout de même cette crainte  à l'idée de ne pas pouvoir m'exprimer et le regret de ne pas lire dans ses yeux ce qu'il ressent, ni de le laisser regarder dans les miens jusqu'au fond de cette petite âme innocente et perverse tandis qu'il joue de moi, ou avec moi....Il m'attache des poids que je crois reconnaître aux seins...Et la séance commence : le plaisir devient vite douleur insoutenable, sentiment d'avoir complètement perdu le contrôle du corps qui me trahit, coeur qui pulse des pieds à la tête comme s'il allait éclater...et quand à la fin, ses doigts ou sa langue remplacent l'engin de torture,  c'est tout juste si je fais la différence, et je continue à crier de toutes mes forces... J'ai perdu totalement la notion du temps, jour ou nuit, hier, demain ou aujourd'hui, je ne sais plus...Je ne pleure pas, mais tout de même les larmes ne sont pas loin...Et quand il retire, l'un après l'autre, les poids aux seins, c'est si douloureux que je ne peux retenir mes hurlements. Quand il me libère, ses bras me retiennent car je flageole sur mes jambes... A nouveau, la pression sur mes épaules qui me met à genoux devant lui, à quatre pattes pour baiser et lécher ses pieds...Je suis fière de me soumettre ainsi et de lui rendre hommage. De nouveau la caresse de ma langue et de ma bouche sur lui, et son plaisir qui jaillit sur moi, entre mes seins, comme un don...

     Après le dîner, le dilemme :
- Je te fouette ou je t'attache ?
     Finalement, il opte pour les cordes. J'aime les cordes de la nuit, celles qui apaisent et préparent au sommeil, quand la rumeur du monde se tait...Il me met rapidement en apesanteur, les pieds au bambou au-dessus de moi, puis la tête en bas.....Comme je resterais volontiers longtemps ainsi, presque étonnée que les cordes soient à nouveau si douces après les contraintes qu'il m'a infligées plus tôt....Et à la fin, quand il me délie, ce plaisir que je n'ai pas senti venir,  mais qui coule le long de mes jambes...
     Il a demandé, à propos de la séance de fouet qu'il prévoit le lendemain : "Je pourrai te marquer encore ?". J'aime porter ses marques, que je regarde ensuite s'effacer lentement, m'aidant à patienter jusqu'à la fois suivante... Je viens à lui pour qu'il fasse ce qu'il veut de moi, parce que c'est pour moi une évidence, parce qu'il a pris le pouvoir dès la première fois et que je ne peux ni ne veux lui échapper, Colombe frémissante et fascinée dans le creux de sa main...
    Ce dimanche donc, ce sera fouet en guise d'apéritif ; attachée au mousqueton, les bras au-dessus de la tête, les poignets emprisonnés dans les menottes de cuir bien serrées....D'abord la caresse des martinets, échauffement nécessaire  puis rapidement, les fouets....Devant, derrière, avec une préférence marquée sur mes seins, les rendant vite sensibles et douloureux....Je cherche à me tourner pour lui échapper, mais le seigneur sans merci sans cesse me ramène à lui....Je crie, comme jamais je ne l'ai encore fait, la respiration hachée , ne parvenant plus à apprivoiser la douleur, ne réussissant plus à danser sous les lanières de cuir si cinglantes.... Dix fois je crois que je n'en supporterai pas davantage, toujours incapable de demander grâce, dix fois je me livre encore à lui, tordue comme un serpent au bout d'un bâton, heureuse et consentante victime...Et sa voix, ses mots  qui me font frissonner :
- J'aime te faire souffrir...
- J'aime que tu aimes le faire...
- Tu aimes souffrir ?
- J'aime que tu me fasses souffrir....
Il guide ma main à la fin pour me faire sentir les boursuflures qui parcourent mes fesses, là où il a voulu me marquer.
Est-ce là  ou à la séance suivante qu'il m'a dit "J'avais envie de te faire mal..." ? Dans ces moments si forts, je perds toute notion du temps ou de l'espace, et parfois tout se mélange...
     Un peu plus tard dans la soirée, il a envie de m'attacher à nouveau... Le strappado me semble plus dur et plus contraignant encore que la veille, et le lacing sur mes jambes compromet mon équilibre en me mettant sur les demi-pointes. Mes cheveux sont à nouveau tressés et reliés à la corde qui me retient en semi-suspension, empêchant tout mouvement de ma tête, comme si j'étais attachée à un poteau de torture. Une corde s'enroule sur mes yeux, puis sur ma bouche, me voilà à nouveau aveugle et muette, enfin presque. Je ne suis plus qu'attente inquiète car je crois bien deviner ce qu'il va faire. En effet, le fouet  claque sans pitié, malmenant une fois de plus mes seins toujours sensibles de nos activités précédentes...Je n'ai quasiment pas de possibilité d'échapper aux langues de feu qui me brûlent cruellement...Les cordes rendent le fouet plus intense encore, à moins que ce ne soit l'inverse...Il me semble que ma voix se brise à  force de ne pas retenir mes cris, même sous le baîllon. De temps en temps, il m'offre un moment de répit qui ne dure pas, me prend dans ses bras, me caresse et m'embrasse puis murmure : " Tu as peur, hein ?'  Oui mais j'ai tant confiance en lui que cette peur est en elle-même jouissance profonde..."Tu auras peur la prochaine fois ? " J'ai déjà peur pour la prochaine fois... mais je sais que je ne me déroberai pas à ce qu'il lui plaira de me faire subir...A la fin, de nouveau allongée sur le plancher il me tend son pied à lécher et à baiser.... Puis s'empare du magic wand et cherche encore à forcer mon plaisir, Je suis à bout de forces, du moins c'est l'impression que j'ai....Car l'humidité sur laquelle je suis assise me dit bien  que la fontaine capricieuse sur laquelle je n'ai aucun contrôle et qui jaillit quand elle veut a encore fait des siennes, petit ruisseau plutôt que grand geyser. Il m'assied à nouveau à ses genoux, joue encore avec ma bouche, s'amusant quand je rejette violemment la tête en arrière, cherchant mon souffle...Puis il me fait monter sur ses genoux, bras toujours attachés...Pleinement femme et pleinement soumise, totalement à sa merci et pourtant libre et libérée dans ces moments-là, servante investie d'un pouvoir ancien venu du fond des âges, heureuse du plaisir que je lui donne, qui provoque aussi le mien... Puis il m'allonge en travers de ses genoux et commence à me fesser...C'est plus que je n'en puis supporter après cette belle mais éprouvante séance et je bats désespérément des pieds, tentant de bloquer ses mains, criant et me débattant... Et comme cela ne sert à rien, je finis par demander : "Et si je dis "pitié", ça marche ?". "Il faut dire "pitié, Monsieur !" Va pour "Pitié, Monsieur", quoique la petite rebelle s'étrangle un peu avec le "Monsieur", trouvant curieusement toujours bien plus facile de se mettre à genoux que d'user de titres protocolaires...

lundi 29 mai 2017

Madame rêve....



     Toute la semaine, la tension est montée doucement, cette appréhension joyeuse que j'aime à ressentir....Et le week-end est là, nous sommes enfin sur la route qui n'en finit plus de s'étirer...
     "Si tu veux, tu dors avec moi ce soir...." a-t-il dit. Je ne me suis pas fait prier pour accepter...
     J'ai été "réquisitionnée" il y a plusieurs jours déjà pour les cordes et pour le fouet, et c'est peu dire que je suis impatiente, le coeur battant toujours la même mesure : que va-t-il faire ? que va-t-il ME faire ? serai-je à la hauteur ?...
     Nous arrivons sur le  lieu de la soirée. Nouveau lieu, nouvelles connaissances... Je suis toujours un peu intimidée,  j'observe et j'écoute plus que je ne parle. Mais l'ambiance, bon enfant et décontractée, me plaît. Le buffet, qui nous a été présenté comme un modeste apéritif, est royal.
     Nous descendons d'un étage, là où se trouve le donjon, une très grande pièce pourvue de nombreux accessoires : croix de Saint-André, crochets et chaînes, un "portique" d'où pendent des menottes, un "sling", un pilori....De nombreux invités sont déjà occupés à jouer. Il ne tarde pas à dire qu'il a envie de m'attacher et cherche un point de suspension.
    Une nouvelle fois,  le TK s'enroule autour de moi, dejà familier et pourtant toujours différent, sensations intenses et renouvelées. Je me retrouve rapidement sur la pointe des pieds, puis une jambe pliée en futumomo, puis la tête en bas, toujours étonnée de me sentir si bien dans cette position, petit animal confiant dans les mains qui l'attachent, "la bestiole" comme il dit. Mais la chaleur trop forte va nous faire abréger la séance.
     Après un temps de repos, il m'attache sur l'une des croix. J'aime la danse des martinets sur mon dos et mes deux hémisphères, puis les fouets et et je ne tarde pas à perdre toute notion du monde qui m'entoure, hypnotisée par les caresses du cuir qui me font rapidement onduler de la tête aux pieds....Ca pique, ça brûle, ça chauffe et chaque fois qu'il me griffe doucement le dos de ses ongles, je frissonne violemment,  secouée toute entière par une indicible vague de plaisir...Jusqu'au moment où il murmure à mon oreille "Je peux te marquer ?" Je lui réponds dans un souffle "J'ai envie de porter tes marques".... et si à ce moment, il me proposait de me marquer au fer, je crois que je dirais encore oui, totalement abandonnée, pâmée, envolée dans une autre dimension où n'existent plus que les lignes de feu  qui me parcourent....Le fouet claque, et il s'amuse de mes sursauts quand le bruit éclate trop près de mes oreilles sans que le cracker ne me touche...  Cette belle séance aura momentanément raison de moi, et je m'endormirai un moment, épuisée, détendue, apaisée.
    Mais la configuration de la croix nous a privés tous deux de la la moitié du plaisir, et quand il me propose un peu plus tard de passer à l'avers de la médaille, j'acquiesce sans tergiverser. Cette fois, il me lie les mains avec une corde avant de les attacher au-dessus de ma tête à un anneau, au beau milieu du donjon....Le seul contact de la corde suffit à me plonger dans un état second. J'aime cette danse qu'il mène autour de moi, et je m'offre à nouveau à ses fouets, proie que le chasseur guette parfois d'un regard aigu, et qui, fascinée, n'a plus d'autre volonté que la sienne... Rapidement, mes tétons deviennent sensibles et douloureux, et je me tords sous les coups, revenant toujours cependant à ma place, criant parfois....Je ne crie pas habituellement mais il m'emporte  si loin, au-delà du temps et de l'espace, au-delà de moi-même...Les enroulés du fouet me replongent dans l'extase, d'autant plus que parfois il me serre contre lui, sans pourtant cesser.... Comment décrire ce mélange de tendresse et de dureté qui me projette littéralement hors de moi-même ? Quand je reprendrai mes esprits, sans savoir combien de temps s'est écoulé, ce sera pour me rendre compte que nous sommes maintenant seuls dans le donjon, "depuis un bon moment déjà" dit-il...

 Le lendemain matin, à peine réveillés, il entreprend de m'attacher au lit. Je lui tends mes deux mains, toujours en confiance. Il fait passer mes poignets attachés derrière ma tête et vient fixer le bunny à la tête du lit....Je ne lui en ai rien dit mais c'est l'un de mes désirs les plus secrets, jamais réalisé jusque là, ...J'aime être une nouvelle fois sa proie, impudique et offerte , totalement à sa merci, j'aime qu'il s'empare de moi, joue de moi comme il le veut, me faisant vibrer à son gré....Puis il me fait plier les jambes et les attache, écartées chacune d'un côté du lit, m'obligeant à une ouverture difficile à tenir pour moi... Je goûte encore plus cette immobilisation totale et forcée. Il s'éloigne un instant et je le vois revenir, non sans appréhension,  avec un objet que je reconnais sans peine, cet engin diabolique contre lequel il est impossible de lutter. Je devine assez bien la nature du délicieux supplice qui m'attend...Et en effet, je ne sais plus, bientôt, si c'est exquis ou atroce, cabrée dans mes liens d'une manière qui m'aurait certainement valu le bûcher il y a quelques siècles, tant la succession d'orgasmes qu'il m'inflige est à la fois voluptueuse et douloureuse.... "Possédée"  à tous points de vue, je crie, je gémis, je ris, toute honte bue, insoucieuse de mes amies qui ne peuvent manquer d'entendre ce qui se passe, toute à ses mains...Envie qu'il s'arrête, non,  qu'il continue, non, qu'il s'arrête, non, qu'il continue... Le monde se réduit à cet ici et à ce maintenant, à  ce plaisir si fort qu'il en devient presque insoutenable. De temps en temps, il me regarde, un sourire malicieux aux lèvres qui achève de me faire fondre complètement dans tous les sens du terme... Et je repars de plus belle, explosant dans un feu d'artifice de sensations, où il me semble que chaque centimètre carré de ma peau est devenue une zone érogène à haute tension, que le moindre effleurement fait crépiter...
     Après un bon déjeuner et une sieste bien méritée, il semble bien que nous n'ayons pas épuisé l'envie des cordes....Il me place à genoux devant lui sous le point de suspension et je me retrouve rapidement en semi-suspension cuisses écartées, genoux pliés, les talons aux fesses, et la tête retenue en arrière par mes cheveux tressés d'une corde....Etonnée tout de même de me sentir si bien dans une postion pour moi aussi improbable, caressée par le soleil qui inonde la pièce et par les cordes. Je ne me lasse pas d'être ainsi livrée à celui qui m'attache et me contraint, et dont les cordes, pourtant, me libèrent une nouvelle fois, permettant cet envol magique que je ne peux m'empêcher d'éprouver.  Il me détache en partie mais c'est pour m'attacher différemment, sur le ventre cette fois, dans une position légèrement moins contraignante, qui m'interdit cependant de poser la tête sur le sol, rejetée en arrière qu'elle est encore par la corde qui tient mes cheveux. Il pose un tenugi* sur ma bouche, solidement noué à l'arrière de ma tête. J'aime cette sensation-là, et je ne peux m'empêcher de lui jeter un regard malicieux par-dessus le baillon tandis qu'il prend des photos...Sa voix murmure "Tu es trop belle comme ça...." et c'est aussi comme une caresse... Puis je le vois s'approcher du sac en tissu maintenant vide où se trouvaient les cordes. Je sursaute car je comprends immédiatement  ce qu'il a en  tête, et ne peux m'empêcher de protester malgré le baillon, secouant la tête  tandis qu'il me coiffe du sac et en noue les poignées autour de mon cou.... Avoir la tête recouverte est une terrible source d'angoisse pour moi depuis toujours, j'ignore pourquoi. Peut-être la peur de ne pouvoir communiquer avec les yeux ? L'impression d'être coupée du monde ? S'il ne me caressait pas le dos de sa main, si je ne sentais pas sa présence à côté de moi, je crois que l'affolement achèverait de me gagner.... Il le sent et ne me laisse pas longtemps dans cette situation inconfortable. Puis il me prend dans ses bras mais ce moment de calme ne dure pas car il use à nouveau sur moi d'une minuscule machine infernale, et je ne tarde pas à avoir l'impression que je vais finir par me désintégrer en mille petits éclats de lumière,  le coeur qui galope  comme un cheval emballé, chaque parcelle de moi semblant animée d'une vie propre et indépendante.... Je supplie que cesse le délicieux tourment, mais s'il arrête, c'est pour me donner une magistrale fessée. La petite peste impertinente refait surface à ce moment-là, et mes pieds libérés protestent avec énergie contre ce traitement, tandis que je tourne la tête pour le fusiller du regard. Et à ma grande indignation,  cela le fait rire !
Après, vient le temps de la descente, ce moment de douceur si nécessaire à retrouver le sens des réalités...Il est déjà plus tard que l'heure prévue pour le départ , mais nous n'en avons aucun regret...

* baîllon de tissu japonais